26/11/2020

Mer : le Jib 90 SP et les loups

 Par Laurent Renard

Le coloris jaune citron est excellent de nuit.

Je me souviens encore du jour où je vis nager le Jib 90 SP pour la première fois. C'était il y a une quinzaine d'années (déjà !), j'étais sur une rivière de l'Hérault recherchant le carnassier, et j'avais ce leurre qu'Olivier Meurant (directeur de Smith Europe) m'avait fait parvenir, dans une de mes boîtes. Mon regard tombait dessus par hasard, et comme la pêche tardait à démarrer, je le montais sur la ligne afin de voir sa nage. 

En étang, le Jib peut être animé assez fortement.

 Je lançais donc le leurre à une dizaine de mètres de moi pour le voir évoluer dans l'eau claire. La première réflexion qui me vint à l'esprit, je m'en souviens très bien, fut de me dire que ce leurre allait être excellent sur le loup ! -Rappelons qu'à la base, il est conçu pour rechercher les poissons d'eau douce, notamment le black-bas.-

Loup d'étang pris au Jib 90 SP 

Ce soir-là, je pris mon premier poisson avec ce leurre : un sandre qui chassait dans peu d'eau à la tombée de la nuit. Mais dans ma tête, je pensais déjà aux secteurs où il allait faire un malheur sur le loup ! Il me tardait de vérifier mes pressentiments. La nage de ce leurre est unique, et difficilement explicable. Il évolue sous 80 cm à 1 mètre d'eau et donne l'impression de forcer pour continuer difficilement à avancer. L'idéal pour susciter l'intérêt d'un prédateur ! Sur les stop and go (sachez profiter du fait qu'il soit suspending !), il part dans tous les sens, tandis que sur des tirées appuyées sans arrêt, il marque des décrochements marqués à droite ou à gauche. Vous pouvez en avoir un aperçu ci-dessous (la partie la plus intéressante commence à 1'30) : 

Nage du Jib 90 SP

 

En discutant avec des détaillants, d'autres pêcheurs, un constat revient souvent : ceux qui essaient de pêcher le loup (ou le bar) avec l'adoptent dans la très grande majorité des cas. Le seul souci, c'est de les amener à essayer ! 
En effet, ce leurre est plutôt léger, et cela constitue souvent un frein dans la tête du pêcheur (vous savez, la fameuse distance de lancer...).

Poisson pris de nuit dans ungrau sur le Jib 90 SP

Nous allons donc essayer de voir comment, où et quand utiliser ce leurre dur qui est celui avec lequel j'ai pris le plus de loups de nuit.

Un lunker de 7,6 kg qui n'a pas laissé passer le Jib 90 SP (coloris 10)

Il faut tout d'abord penser à des zones où ce leurre va pouvoir être employé. Une mer démontée, que ce soit en plage ou en côte rocheuse ne lui sied pas ! Là, il faudra employer des gros leurres souples (Penta Shad, Flash J Shad), des Saruna 125, mais certainement pas le Jib ! 


Le Jib 90 n'est pas adapté à la pêche dans une mer formée

Non, le Jib est délicat, discret, un leurre à sortir quand les conditions de pêche sont plus compliquées : mer peu agitée de nuit, graus avec un courant installé de préférence, étangs salins, embouchure avec un débit normal ou faible... Là où la pêche est plus délicate, mais pas impossible. Ce leurre est un vrai sauve-bredouille. Le panel de coloris disponibles est assez vaste pour s'adapter à toutes les situations : les coloris du Jib 90SSP

Très bonne zone d'étang à peigner avec un Jib 90 !

Je suis toujours étonné de voir qu'en étang les pêcheurs utilisent très peu de leurres durs. Cela peut s'expliquer sur les zones d'herbiers, mais enfin il existe tant de zones dégagées où un leurre à bavette fait la différence qu'il serait dommage de s'en priver ! On peut ramener le leurre en linéaire, ou en l'animant énergiquement selon l'humeur des poissons. De nuit par contre, il semble qu'une récupération lente en linéaire soit la plus efficace. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien ! Au niveau des coloris, le 10 est à privilégier de nuit, tandis que les coloris naturels sont plutôt conseillés en étang (1,  4, 6, 12, etc.) de jour. N'oubliez pas le Jib si vous pêchez de nuit en étang au passage !

Loup d'étang pris par nuit noire

Pour la pêche des graus, il est préférable de pêcher vers l'aval du courant, ce qui ne veut pas dire forcément vers la mer puisque le courant s'inverse régulièrement. Pourquoi ? Tout simplement pour tirer toute la quintessence de la nage du leurre, mais aussi pour pêcher plus lentement ! Il faut imaginer que les poissons sont postés et que donc si votre leurre passe très vite sur la "strike zone", il aura moins de chance de déclencher une attaque que ramené lentement à contre-courant. D'autre part, le Jib nage bien mieux en prenant appui sur le courant que poussé par le courant, d'où l'intérêt de lancer vers l'aval. Cela vous donnera aussi l'occasion de marquer des arrêts où vous pourrez laisser dévaler le leurre sur un ou deux mètres vu qu'il reste à la même profondeur, étant "suspending".

Le Lancetic (Adusta) est une bonne alternative au Jib en étang. 

La nuit, il fera aussi son oeuvre dans une mer peu agitée, ou à la fin d'un coup de mer. Il faudra alors savoir être discret dans l'approche, même de nuit, puis lancer en n'oubliant jamais que dans ces conditions, les poissons actifs sont souvent très près de la plage. Très près, c'est quelques mètres. Pêcher en éventail prend ici tout son sens. Et ne vous faites pas de soucis si le leurre ne part pas à 300 mètres ! Les poissons sont là, à vos pieds ! Pour la canne une Dragonbait Seabass LX en 5/25 g ou 10/30 g fera l'affaire. Sa sensibilité et sa légèreté vous rendront la pêche très agréable.

Poisson capturé à environ 5 mètres de la grève !

Un élément de discrétion de nuit, quel que soit le poste pêché est la qualité du lancer. Si vous lancez le plus loin possible, le plus fort possible, le leurre va produire un impact qui sera pénalisant dans les zones beaucoup pêchées. Penser à accompagner le leurre à la tombée en relevant la canne peut induire plus de touches par la suite. 


Superbe poisson pris sur un Jib 90 coloris 12 par mon ami Michaël

Penser aussi à se déplacer sur les zones où il y a moins de coquillages si possible : il est préférable de faire un petit détour pour accéder à ne zone de pêche plutôt que de dire à tous les poissons du secteur que vous arrivez. C'est ce que l'on fait, lorsque l'on marche sans précaution sur des zones couvertes de coquillages...

Il faut s'adapter aux conditions : un Cherry Blood 90 Drift sans bavette est parfois utile !

La ligne utilisée a aussi son importance : un bas de ligne en 35/100ème risque de gêner la nage du leurre. Un 25/100ème est préférable de ce point de vue ! Et un 30/100ème maximum si la zone est un peu encombrée. 


Ce poisson avait complètement engamé le leurre !

Le fluorocarbone Gamma que j'utilise depuis de nombreuses années a toute ma confiance et présente toutes les qualités recherchées dans un bon fluoro. En général, c'est le 25/100ème que j'utilise dans mes pêches avec le Jib. Vous trouverez un descriptif ici si cela vous intéresse : Gamma 

Cerise sur le gâteau : la daurade royale répond bien au Jib 90 SP à la fin du printemps ! (Coloris 06 ici)

Comme le Père Noël est en train de préparer ses livraisons, n'oubliez pas de lui commander un Jib 90 ! Et pour satisfaire les pêcheurs qui souhaitent pouvoir pêcher le loup ou le bar dans des conditions de mer agitée, ou dans les baïnes du sud-ouest, Smith vient de développer un leurre bâti sur le modèle du Jib. Il fera 14 cm pour 27 g. Inutile de vous dire que je vais me jeter dessus dès qu'il sera disponible pour pêcher la côte rocheuse ou les plages. Vous voulez connaître son petit nom ? Il s'agit du Swinger qui devrait arriver au printemps 2021. Vous le trouverez à la page 65 du Catalogue 2021 : Catalogue 2021

En espérant que cet article vous aura été utile, je vous souhaite une bonne fin de saison à tous ! Cela va être agréable de pouvoir revenir à la pêche, même pour trois heures ! Avec un Jib 90 au bout la ligne bien sûr...

Remettre un poisson à l'eau est aussi un plaisir !




10/11/2020

Brochets sur les polders : savoir s’adapter

 


Trois semaines de guidage sur les polders hollandais.


Cet automne, j’ai eu la chance de pouvoir guider sur les polders pendant les trois semaines qui ont

précédé le confinement du 30 octobre. Cette période propice à la pêche du brochet, est aussi

marquée par de constants changements météorologiques. La pêche est fortement influencée par ces

variations, alternant les moments fastes et les périodes plus difficiles. Savoir adapter sa pêche est

alors indispensable pour tirer son épingle du jeu.






J’ai ainsi reçu plusieurs groupes de pêcheurs français, peu habitués à ces conditions perpétuellement

changeantes. Beaucoup d’entre eux ont tendance à s’enfermer dans une technique qu’ils maîtrisent.

Ils pêchent ainsi en « mode automatique », pensant que ce qui a marché chez eux fonctionnera ici.

Cette approche qui permet de rester dans sa zone de confort se fait souvent au détriment de

l’efficacité.

Mon rôle n’est pas seulement d’emmener mes clients sur les meilleurs spots. Je suis surtout là pour

les aider à se poser les bonnes questions, à chercher la bonne stratégie, adapter leur technique et

trouver les bonnes options. Passer le bon leurre à la bonne vitesse déclenchera des touches jusqu’à

ce que les conditions atmosphériques changent... ce qui arrive trois ou quatre fois par jour en

Hollande ! Il ne faut donc pas hésiter à changer très souvent de stratégie.


Mes clients pêchant avec leur matériel, ils n’ont pas toujours les leurres qui conviennent à certaines

conditions. Aussi je dois souvent leur fournir une meilleure option. C’est pourquoi j’ai en

permanence dans mon sac à dos un panel de leurres susceptible de faire face à toutes les situations.

Des conditions climatiques d’automne stables et optimales, vent d’ouest, pluie et température

fraîche, mettent les poissons en activité. La pêche est alors facile et tous types de leurres peuvent

apporter de bons résultats. Cependant, il est rare de rencontrer ces conditions sur une longue

période, surtout ces dernières années.


Sur ce dernier séjour, nous avons rencontré des variations météo d’une amplitude à peine

concevable pour une fin octobre. Le plus impressionnant : un vent de sud à 60km/h pour une

température de 24° à 18h00 pour un vent de nord-est et 4° le lendemain à 9h00 ! Autant dire que les

poissons ont radicalement changé de comportement en très peu de temps.





Beau temps, coup de froid et tempête se sont succédé à rythme soutenu. Voici comment nous avons

abordé ces trois cas de figure.

1. Catastrophe, il fait beau !

La pire configuration qu’on puisse rencontrer sur les polders en automne, c’est un beau temps chaud

et ensoleillé, sans vent. Cela nous est arrivé à plusieurs reprises cette année.

Des heures et des heures sans touche. C’est long pour six pêcheurs... et encore plus pour leur guide !

Les canaux semblent désertés, même les gardons ont disparu. Je suppose qu’il se produit une chute

du taux d’oxygène dissous dans l’eau. L’effet combiné de l’augmentation de température et la

décomposition de la végétation aquatique doivent en être la cause. Bref, quelle qu’en soit la raison,

c’est la catastrophe pour la pêche.


Dans ces cas-là, on teste des tailles, des couleurs, des signaux différents. Le plus souvent, on mise sur

le downsizing et la discrétion. On sort les coloris naturels et on insiste sur les postes marqués.

Et puis un de mes clients a eu de la curiosité au sujet de ma boîte de leurres. Il a remarqué le Zacrawl

SC, ce drôle d’animal. Il m’a demandé comment l’utiliser et a été bluffé par son action chaloupée,

bruyante et agressive. Au deuxième passage de « démonstration » en plein milieu du canal, un

brochet sorti de nulle part tape dans le leurre sans le prendre. Je tends alors la canne au pêcheur qui

refait un passage un peu plus rapide et pique le premier poisson de la journée... à 16h, il était temps !

Le Zacrawl SC nous a ensuite offert un joli coup du soir avec trois poissons de plus.

Riche de cette expérience nous avons testé avec succès un Picktail Swimmer 6’’ en coloris 210,

ramené très vite juste sous la surface. Il nous a rapporté deux beaux poissons supplémentaires.

Finalement, ce qui aurait pu être un formidable capot collectif s’est transformé en une honnête

journée de pêche. Comme quoi, l’intuition parfois, et le hasard souvent, peuvent débloquer une

situation. Nous ne comprenons finalement pas grand-chose de ce qui se passe dans la tête de ces

sacrés poissons.


2. On se gèle !

Vent du nord et coup de froid sont souvent synonymes de pêche difficile. Les polders n’échappent

pas à la règle d’autant plus qu’il n’existe pas de fosses dans lesquelles les poissons pourraient trouver

refuge. Ils prennent donc de plein fouet la chute de température.

Pourtant il est possible de provoquer quelques touches en adaptant sa stratégie. Pêcher lentement,

et même très lentement, donne aux poissons engourdis le temps de déclencher une attaque. Cette

attaque se traduit généralement par une touche à peine perceptible. Il faut donc faire preuve d’une

concentration de tous les instants pour déceler l’aspiration discrète d’un beau poisson.

A ce petit jeu, j’ai découvert cette année une sorte d’arme absolue : le PentaShad 5’’. Très peu

plombé et ramené à deux à l’heure, ses pulsations fines sont redoutables. Sur les polders, les coloris

114 et 118 se sont montrés terriblement efficaces.

Pour présenter une plus grosse bouchée, le Tumbler 17cm en couleurs 04 et 08 selon la teinte de

l’eau est une valeur sûre. Personnellement, je l’utilise sur une monture Shallow Stinger Single avec

une Flexhead de 5gr. Ce leurre a aussi la capacité de s’animer extrêmement lentement, ce qui est

capital dans ces conditions.

Enfin, certains de mes clients sont plus à l’aise avec des leurres durs. Le Jerk Spiker 130 est alors le

leurre idéal. Gentiment jerké avec des temps de pauses qui peuvent paraître interminables, les

touches interviennent parfois après 20 à 30 secondes sans animation ! C’est une pêche dure pour les

nerfs, mais c’est à ce prix qu’on prend des poissons certains jours.

3. Le ciel nous tombe sur la tête !

Un vent de sud-ouest souffle fort, inclinant les trombes d’eau qui nous écrasent. Il pleut tellement

qu’on se demande s’il n’y a pas plus d’eau que d’air à respirer !

A condition d’être bien équipé, ce sont pour moi les meilleures conditions pour toucher de beaux

poissons. Il faut cependant tenir compte de l’influence de la météo sur le comportement brochets

pour ne pas passer à côté de la pêche.

Le vent secoue les roseaux et les nénuphar... les brochets sont alors contraints de quitter ces abris

devenus inconfortables. De plus, ces mêmes roseaux produisent un bruit ambiant qui s’ajoute à celui

des vaguelettes.

C’est donc logiquement que nous pêchons alors les milieux ouverts avec des leurres bruyants et/ou

volumineux. Plusieurs options ont ainsi fait leurs preuves.

Dans moins de 80cm d’eau, l’incontournable Buster Shallow a fait merveille. Animé en jerks pas trop

violents dans les zones battues par le vent, c’est ce qui se fait de mieux. Sur les polders, mes préférés

sont les coloris 202 et 687.

Enfin le Silent Blaster nous a permis de vivre quelques attaques de sub-surface vraiment

impressionnantes ! Ramené lentement en linéaire, il produit un son de basse fréquence très puissant

qui se remarque de loin. Personnellement, j’adore ce leurre aussi original qu’efficace.

Les polders : un milieu particulier

Les polders hollandais offrent une densité de poissons assez exceptionnelle par rapport à l’étroitesse

des milieux. Les brochets évoluent dans une profondeur moyenne de 60 cm et les canaux sont larges

de 10 mètres en moyenne. Pourtant ces canaux sont extrêmement riches en nourriture pour les

carnassiers : des cohortes de gardons cohabitent avec de beaux bancs de brèmes et l’explosion de la

population d’écrevisses de Louisiane y est impressionnante. Il en résulte que les brochets sont très

nombreux et bien gras. Le revers de la médaille : ils nagent littéralement dans une assiette bien

garnie, ce qui rend leur pêche difficile.

Comme on l’a vu, les conditions atmosphériques très changeantes imposent de savoir s’adapter en

permanence. L’expérience et la connaissance des lieux de pêche sont de précieux atouts. Bien

connaître et maîtriser l’animation de ses leurres est tout aussi capital.



Mais rester humble face à la nature pour accepter de ne pas comprendre ce qui se passe sous l’eau

est aussi une force. Cela permet de s’ouvrir à toutes les options en abandonnant ses certitudes et ses

schémas préétablis... Ce qui s’avère parfois payant !


Manu Bizel

manubizel.com

17/08/2020

Dragonbait LargeStream la canne des voyageurs !

 

C'est la fin des tubes !

 En ces temps tourmentés cela fait parfois du bien de s’échapper vers d’autres horizons plus ou moins lointains. Pour ce faire j’ai l’outil idéal qui m’accompagne depuis des années, la Dragonbait Large Stream.

 D’un point de vu technique, c’est une canne de 2m52 qui autorise une plage de leurres de 6-20gr et qui a surtout le très grand avantage d’être en 4 brins pour un encombrement de seulement 67cm. 

Grâce à son encombrement réduit elle a été de tous mes voyages (Laponie suédoise, Islande, Irlande…) et avec ses 67cm elle a pu voyager dans la valise et pas dans un tube. C’est loin d’être un détail quand on voit que certaines compagnies aériennes ajoutent des suppléments conséquents pour les bagages hors gabarit et que cela ajoute un risque de perte dans les aéroport et pendant les transferts.



Pour ceux qui voyagent moins loin en France son faible encombrement reste pour moi un vrai atout : une canne qui se glisse sans soucis au milieu des affaires de famille quand on part en vacances pour se faire un coup du soir ou qui peut aussi facilement s’attacher au sac à dos pour partir en randonnée ou en vélo atteindre des coins reculés.

Les 4 brins n’affectent pas du tout l’action semi progressive de la canne qui ne présente aucun point dur. Elle me permet de passer du leurre heavy sinking comme du dcontact et sera idéale pour rechercher les grosses truites à l’ondulante ou même à la cuillère tournante. Sa grande taille permet de gérer superbement les dérives en grande rivière (avec une back&forth par exemple) et de faire de long lancer.

 


Cette polyvalence dans les techniques et les leurres vous la retrouverez aussi dans les combats avec les poissons. Loin d’être une trique vous prendrez plaisir à ramener un poisson de taille modeste mais ne vous y trompez pas : sa réserve de puissance vous permettra de brider les plus gros salmonidés (et pas que !). Je l’ai crash-testé sur les truites lapones, islandaises et françaises, les ombles arctiques et même les beaux brochets que l’on rencontre aussi souvent dans les rivières nordiques à peuplement mixte sans aucun soucis. Vous pourrez envisager les combats sereinement et avec un minimum de décrochage même avec de la tresse en corps de ligne.

Bref vous l’aurez compris, si vous avez des envies d’ailleurs que ce soit loin ou près de chez vous et si vous cherchez une canne polyvalente pour cela pensez à la large stream.

DragonBait Large Stream


Emmanuel Gros

25/07/2020

D-Contact 85 : découvrez de nouveaux horizons !

Par Laurent Renard

Le nouveau coloris 11 (catalogue 2020) du D-Contact 85 a trouvé très vite sa place.
Le D-Contact est depuis des années le leurre de base pour pêcher la truite dans le monde. L'aventure a commencé au Japon avant de prendre son envol en Europe durant les années 2000 et 2010. Désormais, quand on parle pêche de la truite au leurre, on en vient inévitablement à parler du D-Contact. Il faut dire qu'il a de nombreux atouts pour expliquer ce phénomène : il se lance parfaitement, nage seul ou animé, supporte quelques petites "erreurs" dans sa conduite, et se révèle être d'une efficacité diabolique.

Une truite de 65 cm qui a succombé au D-Contact 85 coloris 40


Bref, il a tout du leurre populaire ! Décliné en 4 tailles, il est beaucoup utilisé en 50 et 63 mm, tandis que les tailles 72 et 85 mm sont moins plébiscités. Ceci s'explique par le fait que les rivières à truites pêchées aux leurres sont la plupart de petite taille. 

Truite prise sur une rivière d'une dizaine de mètres de large au D-Contact 85 coloris 40
Pourtant, il existe aussi une raison plus psychologique dans ce choix ! Quand je croise des pêcheurs, ils sont souvent étonnés par la taille des leurres que j'emploie. Encore cette année pour l'ouverture des lacs de montagne, le copain qui m'accompagnait n'en revenait pas que je prenne des truites de 30 ou 35 cm sur des D-Contact 85 ! Et quand j'ai sorti des leurres de 11 cm, il a cru halluciner !

Remise à l'eau d'un beau bécard
 En fait, j'ai mis un moment moi aussi à intégrer le fait que des gros leurres pouvaient constituer un avantage indéniable dans la pêche de la truite aux leurres. Pas tout le temps, pas n'importe où, mais quand même très souvent ! Un exemple tout simple : sur une rivière d'une dizaine de mètres de large, en fin de crue seul un D-Contact 85 (ou à la limite un 72) vous permettra de pêcher creux, de lécher les caches, de bien exploiter les veines d'eau devenues puissantes. Ou tout simplement de pêcher parfaitement une chute ou une fosse, ce qu'aucun autre leurre ne vous permet de faire aussi bien.

Superbe robe pour cette méditerranéenne prise en fin de crue sur le coloris 32
Un autre avantage des leurres plus volumineux est que dans certaines circonstances, il fera bouger des gros poissons qui ne se déplacent plus sur des petits leurres qu'ils voient passer à longueur de temps. Briser cette accoutumance permet parfois de faire la différence.

Une attaque fulgurante alors que le leurre passait entre deux herbiers... Coloris 40
En plus de la taille, il est intéressant de jouer sur les coloris : le fluo par exemple est meurtrier quand les eaux sont teintées. La gamme des coloris proposés est très vaste, à vous d'en tirer toute la quintessence : coloris D-Contact 85
Si vous êtes vraiment tatillon et perfectionniste, les coloris Awabi vous combleront : D-Contact 85 Awabi

La Dragonbait Trout Large Stream en 4 brins est parfaite pour utiliser un D-Contact 85 !
 
Pour pêcher avec les D-Contact 85, et comme avec quasiment tous les leurres de la gamme, j'ai pour habitude de pêcher en descendant la rivière. Les avantages que j'y trouve sont nombreux : ne pas avoir quelqu'un devant (puisque 99 % des pêcheurs pratiquent en remontant), pouvoir mieux peigner les veines, pouvoir insister devant une cache ou un poste marqué (impossible en pêchant vers l'amont où l'on est toujours en train de mouliner pour faire nager le leurre), relâcher le leurre pour des pauses "accompagnées" (ligne légèrement tendue), permettre au leurre d'être quasiment tout le temps pêchant. 

Poisson pris en pêchant vers l'aval, en insistant longuement devant un arbre immergé
En lac de montagne, le fait d'utiliser des gros leurres présente aussi des avantages : lancer plus loin, pêcher plus creux, sélectionner les poissons. Cependant, il faut se mettre dans la tête que l'on risque d'en toucher moins. Personnellement, cela fait longtemps que j'ai intégré ce fait dans mes choix, et je ne suis pas prêt de revenir en arrière. Mais il est tout à fait compréhensible de faire un autre choix ! Tous les goûts sont dans la nature.

Le D-Contact 85 coloris 33 est une valeur sûre.
Il existe désormais une gamme SW (eau salée) dans la gamme des D-Contact 85 : D-Contact 85 SW
Dans cette gamme, le coloris WH est très bon pour la truite, n'hésitez pas à essayer quand il  fait sombre (aube ou crépuscule) ou quand l'eau est  bien teintée. Il m'a permis de prendre des gros poissons, et étant légèrement phosphorescent, il semblerait que les truites le repèrent plus aisément dans ces conditions. 

Superbe bécard pris sur le coloris WH, mais en taille 72.
 En espérant que ces quelques conseils vous seront utiles ! 
N'oubliez pas de relâcher une partie de vos prises, notamment les gros poissons.
Passez un bel été !

Remise à l'eau d'un joli poisson

05/07/2020


Le plus vieux leurre du monde !


La cuillère tournante figure parmi les leurres les plus utilisés par les amateurs de truites aux leurres. Du jeune novice au plus expérimenté des pêcheurs, on retrouve les tournantes dans les boîtes d’une immense majorité de pêcheurs...et ce n’est pas un hasard ! En effet, bien qu’étant l’un des plus vieux leurres de l’histoire de la pêche aux leurres, ses résultats restent toujours excellents et permettent souvent de sauver une bredouille ou de réellement trouver la pêche.







Si de prime abord la composition d’une cuillère tournante reste simple, chaque fabricant a essayé d’y apporter des particularités. Dans ce domaine, Hiroyuki Motoyama de la société Smith, a poussé l’étude jusqu’à produire une cuillère tournante pêchante dans toutes les conditions et aux résultats d’une exceptionnelle régularité, quelle que soit la technicité de son utilisateur. L’AR-S était née !

Sa Conception !

Elle possède un profil qui permet de l’identifier au premier coup d’œil. Le premier point que l’on remarque est le fait que la palette tournante soit disposée directement sur l’axe. L’absence d’étrier comme sur la plupart des cuillères tournantes permet de mettre la palette en rotation dès l’entrée en contact avec l’eau. Les bords de cette palette sont “affutés” de manière à obtenir une meilleure hydrodynamique et permettre ainsi une rotation plus rapide de cette dernière. Cette rotation est ainsi particulièrement rapide et fluide par rapport à d’autres tournantes “classiques”, et le ressenti pendant la récupération n’en est que meilleure.

La seconde spécificité de cette cuillère réside dans la forme de son lest. En effet, ce dernier a été dessiné en forme de goutte d’eau, de façon à jouer le rôle de “quille”, permettant une exceptionnelle stabilité de trajectoire dans les courants rapides. Ainsi, seule la palette rentre en rotation et non pas le corps du leurre.
Enfin, la troisième caractéristique notable de ce leurre et non des moindres, concerne le système d’attache de la ligne à la cuillère. Un émerillon baril a été disposé en tête de la cuillère afin de réduire encore la rotation du corps de la cuillère et ainsi minimiser le vrillage de la ligne souvent rencontré avec d’autres modèles du marché.



Du côté des tailles, poids et couleurs, l’offre est telle que vous trouverez de quoi faire face à toutes les situations ! La gamme distribuée par Smith Marryat Europe propose 6 grammages différents, les modèles allant de 1,5 grammes pour les petites rivières jusqu’à 6 grammes pour les plus grands cours d’eau à courants puissants. Les couleurs proposées sont nombreuses, allant des grands classiques tel que or ou argent, à des modèles plus spécifiques comme un corps bicolore avec une palette à points.

L’utilisation de l’AR-S


Traditionnellement, l’usage de la cuillère tournante est plutôt destiné à la recherche de la truite en rivière. Il n’est pour autant pas exclu que d’autres espèces viennent prendre votre AR-S, tant son attractivité est grande.



Son domaine de prédilection se situe dans les rivières petites à moyennes, quelle que soit l’intensité du courant qui y sera rencontrée. En effet, l’adaptation de la vitesse de récupération permettra de rendre le leurre pêchant dans tout type de configuration. En ce qui concerne les périodes les plus favorables à son utilisation, s’il s’avère que l’AR-S est prenante tout au long de l’année, elle reste tout de même reine dès lors que les débits des cours d’eau baissent et lors des périodes d’étiages. Les poissons ont alors souvent subi une pression de pêche les mois précédents et seront plus réceptifs à des leurres de petites tailles, animés avec précision près de leurs caches.



Elle apporte également des résultats remarquables lors de conditions particulièrement difficiles, comme dans les eaux hautes, froides et teintées de début de saison, où les poissons nageurs, même très denses et tenant bien le courant, passent trop vite ou pas assez profondément pour aller chercher les truites dans leur zone de tenue : l’AR-S, en adaptant le grammage, permet une nage à la profondeur souhaitée et à vitesse minimale, juste assez pour faire tourner la palette, technique qui m’a bien souvent rapporté d’excellents résultats là où tous mes poissons nageurs étaient restés inefficaces.



Un autre point fort de l’AR-S est qu’elle nage efficacement sur une grande plage de vitesse de récupération. Grâce à la grande vitesse de rotation de sa palette, elle reste attractive même à très faible vitesse, là où des modèles classiques auraient arrêté de tourner et donc perdu leur efficacité. Cette faculté peut s’avérer très utile sur des poissons très éduqués, ou même simplement pour déclencher les attaques quand les truites ne font que suivre avec une vitesse de récupération “normale”.


L’astuce de Gillen :



“Personnellement, j’adore utiliser l’AR-S en période d’étiage des cours d’eau. Lors des chaudes journées, les truites sont souvent calées et refusent de se déplacer pour intercepter la plupart des leurres que nous leurs présentons. Dans ces conditions, il est important que le temps de présence de votre leurre dans la “strike” zone soit le plus long possible. Aussi, c’est là que l’AR-S surpasse les autres leurres. J’utilise alors des modèles légers, que je fais évoluer au sein même de la veine d’eau, simplement en me servant de la tension de la ligne et de la poussée du courant pour mettre en rotation la palette. En accompagnant l’AR-S, canne haute, j’effectue des dérives précises, à l’image d’un pêcheur au toc et présente mon leurre à proximité immédiate des zones de tenue des truites. J’ai alors une préférence pour les coloris verts ou noirs, avec des palettes plutôt mates. L’évolution de l’AR-S à vitesse lente dans les courants porteurs peut alors être semblables à celle d’un insecte en détresse. “

L’astuce de David :



“Quand on me demande à quoi je pêche en Bretagne, je réponds souvent que l’AR-S est ma pêche principale à tout moment de la saison. Bien entendu, il ne suffit pas de la mettre à l’eau pour prendre les plus grosses truites du secteur. C’est là qu’entre en jeu une technique pour aller les débusquer dans leurs caches, notamment sous les rochers. En fonction du sens de rotation de la palette, l’AR-S dévie sur la droite ou sur la gauche pendant la récupération. C’est un outil parfait pour aller raser au plus proche les obstacles ! En donnant un petit coup de scion pour inverser ce sens de rotation, on peut ainsi avoir un excellent contrôle de sa trajectoire, pour optimiser au mieux son lancer et augmenter ses chances de déclencher une touche.”

03/05/2020

Ghost Buster ! un allié majeur !



Parmi les nouveautés cette année, le Ghost Buster n’est pas passé inaperçu !
Ses mensurations, 14 cm pour 70 g en font un leurre utilisable par le plus grand nombre sans avoir besoin d’un matériel typé Big Bait. Sa forme plutôt atypique soulève pas mal de questions quant à son utilisation.
De premier abord, beaucoup pensent à un lipless car il en rappelle la forme générale. 


Mais il s’agit bien d’un jerk, un proche cousin du fameux Buster Jerk !
Pourquoi avoir besoin d’un nouveau jerk avec un parent comme celui-ci ? 
Tout simplement car si vous êtes comme moi, un amoureux du Buster, vous vous êtes sans doute aperçu de sa limite lorsque l’on veut rechercher les poissons plus en profondeur, au pied des cassures, ou dans les bancs de vifs. Il y a des solutions, une pastille ou une lamelle de plombs collés sous le leurre nous aide à atteindre ses profondeurs mais de manière assez lente.
Avec le Ghost Buster, on prospecte à la profondeur souhaitée beaucoup plus rapidement. Il coule à environ 0,5 m/Seconde, Vitesse que l’on peux encore améliorer avec une pastille de plomb sous la tête par exemple ce qui nous permet de descendre rapidement dans la couche d’eau tout en restant très pêchant, attention au touche à la descente !





Côté animation, il y a plusieurs techniques possibles :
  • A l’instar du Buster, il convient de le jerker assez sèchement, canne vers le bas mais plutôt sur de courte traction et surtout n’oublier pas les pauses, la base ! Sa forme très pointue et sa masse fait qu’il replonge rapidement lors des pauses, et coule assez rapidement, cette animation déclenche des touches très agressives. 


  • On peut également, comme le préconise Pierre Montjarret, faire de longues tirées puissantes avec récupération rapide de la ligne lors de la pause suivante. Un Sliding pour les initiés. La nage ainsi créée est des plus erratiques et permet de jouer également sur l’agressivité des poissons. 


  • Enfin, sur une utilisation dans une profondeur de 2 à 4 m, au-dessus des herbiers, je me suis aperçu que des tractions vers le haut permettent de laisser le leurre plonger dans les herbiers et de le retirer juste avant qu’il n’y pénètre, déclenchant au passage les poissons embusqués parfois retissant à quitter leurs caches pour venir chercher un leurre qui serait simplement passer au-dessus. Cette technique permet une prospection rapide de ce type de poste, une alternative intéressante lorsque les brochets ne sont pas hyper actifs.
A noter une particularité, de par sa forme, ce jerkbait permet de pêcher sur une grande plage de profondeur car même s’il remonte légèrement lors des jerks, il redescend rapidement sur sa trajectoire initiale.
Sa forme fuselée et son poids axé sur l’avant en font un vrai missile lors des lancers, si ça ne gagne pas, ça permet toujours d’impressionner le voisin 😊



Côté coloris, ce leurre est pour l’instant décliné en 6 coloris, de quoi faire face à la plupart de nos situations. Ma préférence va pour l’instant sur le coloris perche (C076), qui m’a donné de très bons résultats sur la Saône, en eau légèrement teintée. Le coloris Bleu et ses flash lors des Jerks a largement fait ses preuves en eau claire notamment auprès de Bertrand Masse, guide de pêche en Haute Marne.


Vous l’aurez compris, j’ai été rapidement séduit par ce leurre très sympa à utiliser, et redoutablement efficace, nous offrant de nouvelles possibilités de prospection. Je vous souhaite une belle saison de pêche et de belles émotions aux bords de l’eau.  

Seb thete
http://www.immersion-sauvage.com/