14/12/2015

Pêche en kayak en Suède à Karlskrona

Par Emmanuel GROS

Le réveil sonne, il est 4h30 du matin, mon sac bouclé non sans mal dans la soirée m’attends en bas des escaliers. Le café rapidement avalé, le poids de la bride me remémore mes dilemmes de la veille sur les choix de leurres à emporter et surtout sur tous ceux qui ne pourront pas faire le voyage sous peine de payer une surtaxe à la pesée des bagages. J’espère aussi que mon tube pvc bricolé à la hâte tiendra le choc et protègera bien ma Dragonbait jerkbait LX et mon Exojerk 2 qui feront partie du voyage avec deux cannes à mouche pour soie de 10 également.

Direction l’aéroport, premier vol en direction d’Amsterdam puis second vers Copenhague. J’arrive à l’aéroport de Copenhague vers 11h30 et trouve facilement la gare de train qui jouxte l’aéroport. On y trouve des trains qui partent toutes les heures et qui desservent entre autre Malmö et Karlskrona, ma destination finale. Là, sur le parking m’attends Gunnar Ahlstrom le patron du camp de pêche ou je vais séjourner pour une semaine avec une partie de l’équipe Jackson Europe. Une équipe de joyeux drilles tous passionnés de pêche et de kayak qui vient pour découvrir ou redécouvrir les lieux et participer en fin de semaine à une compétition de deux jours de pêche au brochet qui réunira 60 pêcheurs de tous horizons.

ville portuaire du Sud-est de la Suède Karlskrona est une station balnéaire en été et également une des bases navale militaire suédoise.
Les cottages dans lesquels nous avons séjournés


Vue du ponton de mise à l’eau


Gunnar m’accueille avec ses waders et sa canne à mouche, il vient de pêcher en wading dans une baie et a touché  quelques poissons. Son fidèle chien l’accompagne comme à toutes ses parties de pêche.  Il m’explique qu’à cette époque et en particulier avec le beau temps actuel les poissons peuvent être partout : aussi bien dans les baies peu profondes qu’à leur entrée ou plus au large près des rochers ou des tombants. C’est effectivement ce que vais vérifier toute la semaine. En fonction de la météo, qui a par ailleurs été très clémente, et en particulier de l’intensité et de la direction du vent,  la vérité du jour en matière de localisation des poissons n’a que rarement été celle du lendemain. Cela m’a amené à beaucoup bouger pour trouver les poissons dans cet archipel d’îles dans la mer baltique. En effet et c’était une première pour moi, nous sommes bien en mer et je dois avouer que les toutes premières méduses que je croise après quelques coups de pagaie me laissent perplexe quant à mes chances de trouver des brochets !  Et pourtant des brochets il y en a beaucoup au sein de cet archipel, les jours suivant me le confirmeront.


Chaque journée de pêche verra son lot de brochets, capturés majoritairement sur des zones peu profondes à l’aide de shad en weigthless ou peu plombés pour ma part. La faible profondeur des zones où se tenaient les brochets ainsi que la présence de nombreuses algues obligeait à pêcher assez rapidement sous la surface.  A ce jeu-là j’ai beaucoup utilisé le Pig Shad  avec des Shallow Stinger Titanium et le Pig Shad junior monté avec un hameçon texan de 10/0. Les coloris qui ont le mieux marché était sombres : noir, vert, marron etc…bien qu’à certains moment par temps couvert des coloris plus tranchés m’ont obtenu de belles attaques. Les habitués des lieux m’ont confirmé leur préférence pour les coloris type « huile de moteur ».

PIG SHAD coloris 105



A noter que les poissons réagissent aussi très bien à la mouche qui s’est avérée très plaisante dans les eaux claires et peu profondes de l’archipel. Certains jours, il nous est arrivé à 4 bateaux de capturer une cinquantaine de poissons dans une même baie, rarement des poissons au-delà de 80 cependant, et les jours moins fastes, généralement les jours sans vent, nous enregistrions quand même une bonne dizaine de touches ainsi que de nombreux suivis.


Ayant fait le voyage en avion (merci les cannes de voyages), je me suis fait prêter sur place un kayak Jackson. Une belle occasion pour moi de tester sur pieds un proto de kayak gonflable, le zander. Je dois avouer qu’en une semaine de pêche dans des conditions allant du calme plat à un vent modéré (40-50kmh de mémoire) je n’ai jamais été pris en défaut. L’ancre fixe et ou flottante m’ont été d’un grand secours pour bien prospecter certaines zones et j’ai énormément apprécié la possibilité de pouvoir pêcher debout.


Test validé pour moi, cela ferai un très bel outil pour des sessions éclairs en France. Je dois avouer d’ailleurs que pour un pêcheur d’eau douce et de petits lacs comme moi, Karlskrona m’a permis de prendre toute la mesure de ce que peut être la pêche en kayak et de ce qu’elle peut permettre comparé à un float tube en terme de distance parcourue et de zones couvertes mais aussi des avantages que cela peut présenter par rapport à des bateaux motorisés pour accéder à certaines zones présentant des rochers affleurant ou des haut fonds.



Au final, même si en terme de dépaysement et de beauté des paysages j’ai préféré la Laponie (chez Alban à Lappland Pro Natur à Gafsele entre autre) j’ai beaucoup appris de ce séjour en baltique. Je reste sur ma faim en terme de gros poissons, n’ayant pas trouvé les bonnes zones, mais les résultats de ceux qui se sont aventurés plus au large, soit en campant soit en utilisant des voitures pour se rapprocher de zones plus favorables et moins pêchées m’ont bien laissé entrevoir tout le potentiel de la région.

Impossible de conclure sans souligner la bonne organisation de la compétition en elle-même qui récompensait entre autre les 3 plus longs poissons pêchés sur deux jours ainsi que le plus gros (98cm). Les cottages ou nous avons séjournés présentaient un confort satisfaisant et les repas le soir de la compétition étaient délicieux.  Pour l’anecdote et même si au final ce n’était pas le but premier de mon voyage, je finirai 19éme sur 60 avec le quota de 3 poissons, une place plutôt moyenne qui ne fait que m’encourager à persévérer pour mieux comprendre cet environnement si différent qu’est la baltique. Cela a surtout été une très belle occasion d’échanger avec des pêcheurs de tous horizons : suédois, anglais, écossais, tchèques, polonais, allemands etc…  de partager nos expériences et donc de commencer à réfléchir au prochain voyage !


A bientôt,
Emmanuel GROS