05/08/2015

L'Islande par les chemins de traverse (1ère partie)

Par Laurent Renard

Le monstre du séjour : 81 cm pour 6,8 kg au D-Contact 85


L'Islande est souvent synonyme de paradis de la pêche pour le saumon, mais elle l'est aussi pour la truite dans une moindre mesure.
Le seul petit souci est que les cours d'eau ainsi que la plupart des lacs sont privés, et que donc, il faut obtenir l'autorisation du propriétaire pour pouvoir y pêcher.

Des rivières de toute beauté

En général, des agences locales ont passé des accords avec les propriétaires terriens, et leur louent les meilleurs parcours pour ensuite les revendre à leurs clients islandais, mais aussi étrangers. Les tarifs peuvent être exorbitants, et exercent une sévère sélection dans les candidats au bonheur de pouvoir tremper sa ligne dans ces eaux poissonneuses.


L'expression "pêcher dans le bouillon" prend ici tout son sens.


Cependant, si l'on a un peu de temps, il est possible de s'amuser en contournant cet écueil.
En effet, une carte de pêche à 50 euros permet de pratiquer sur une quarantaine de lacs disséminés sur l'île. Sur certains en totalité, sur d'autres seules certaines parties des lacs sont accessibles avec cette licence. Par exemple, sur le lac de Thinvellir, la carte de pêche ne permet de pêcher que la partie nord-est du lac. Un fascicule est fourni quand on prend le permis, et les informations concernant les zones où l'on peut pêcher sont très clairement indiquées sur des cartes géographiques.

La licence de pêche peut s'acheter via Internet.
Il est important de bien lire la réglementation, car la pêche peut être très règlementée : dates d'ouverture, heures où la pêche est autorisée, modes de pêche autorisés, etc. Sur le lac de Thinvellir par exemple, la pêche à la mouche est la seule technique autorisée de l'ouverture au 1er juin, date à partir de laquelle va être autorisée la pêche aux leurres. La pêche aux appâts naturels est quasiment partout interdite.
Vue du lac Thinvellir, le plus grand d'Islande avec 83 km2

Certains sont meilleurs que d'autres, mais en général, on y prend pas mal de poissons. Et il n'est pas rare de tomber sur plusieurs poissons de plus de 50 cm au cours d'une sortie. On rêverait de croiser autant de beaux poissons dans nos lacs de montagne...

Le D-Contact 50 coloris vairon est aussi apprécié en Islande.
Certains lacs sont exceptionnels et permettent de se mesurer à des truites gigantesques, nous y reviendrons plus tard.

La nature désolée du Landmannalaugar : l'impression de pêcher sur la lune




La deuxième solution pour pêcher les rivières est de prendre le temps d'aller voir les propriétaires et de leur demander l'autorisation de pêcher qui sera accordée ou pas, moyennant finance ou pas... C'est très aléatoire. Mais c'est la seule solution.
Les coloris fluos sont souvent très bons pour pêcher le saumon.

Enfin, si vous souhaitez vous mesurer à un saumon, il est intéressant de prendre un "trout beat" (parcours truite) sur une rivière à saumon afin d'espérer en intercepter un, même s'il n'y pas de pool marqué. Ces derniers sont concentrés sur les "salmon beat".


 Les chances de capturer un saumon ainsi sont réelles, mais le prix payé sera divisé par 10, voire davantage dans ce cas !

Ce saumon frais remonté ne l'a pas laissé passer.

 
Le même après sa remise à l'eau

Le seul paramètre qui permet de pratiquer ainsi sera d'avoir du temps, et de ne pas focaliser son voyage sur la pêche. C'est ainsi que j'aime voyager personnellement, ne concevant pas d'aller pêcher à l'étranger sans découvrir le pays et les gens qui le peuplent... Ainsi que la faune et la flore.


Le canard harlequin est souvent présent au bord des rivières à truite. Le mâle arbore une livrée magnifique.

Si vous souhaitez faire un voyage de pêche de quelques jours, alors, il vaut mieux passer par une agence spécialisée afin de ne pas perdre de temps.

Combat indécis avec un omble chevalier
En France, Gatti Fishing Tours propose souvent de belles opportunités en Islande à des tarifs raisonnables, le tout avec une grande gentillesse.

Les ombles chevaliers sont aussi connus pour apprécier les coloris fluos : vert, jaune, orange.

C'est donc avec deux cannes à mouche et deux cannes à lancer que je partais à la découverte de ces contrées, pêchant aux leurres les 3/4 du temps environ. Deux cannes à truite, et deux cannes pour le saumon finissaient ainsi au fond de mon sac de voyage.
Cette truite de 70 cm a elle aussi été séduite par ce coloris alors que je cherchait à leurrer un gros artic char au coup du soir sur un D-Contact 85.

L'occasion pour moi de pêcher avec la Dragonbait Trout 8'3" 6-20 g en 4 brins qui connut un baptême du feu pour le moins agité : la première truite que je prendrai avec cette canne sera un bécard de 81 cm pour 6,8 kg qui se battit comme un lion.
Des rivières sublimes



C'est une des caractéristiques des truites du lac de Thinvellir : des combattantes hors-pair. La canne ne montra aucun signe de faiblesse alors que je fus dans l'obligation de brider sérieusement le poisson à deux reprises, ce dernier se dirigeant dangereusement vers des épis de lave tranchants comme des lames de rasoir.

L'harmonie des couleurs... D-Contact Vairon VS Artic Char

Le phalarope à bec étroit se nourrit d'insectes sur les cours d'eau, la femelle est plus grande et plus colorée que le mâle.

A suivre...