07/12/2013

Brochets d’automne au Buster Jerk

Par David PETIT




La période estivale touche à sa fin et la pêche y fut par moment compliquée. Les jours raccourcissent progressivement, les premières pluies se manifestent, signe que l’automne pointe son nez. La  température de l’eau aussi commence  à devenir plus confortable pour ses habitants, ce qui devrait déclencher l’horloge biologique des brochets et leur faire signe qu’il va falloir faire ses réserves en vue de l’hiver qui n’est plus très loin. Tout commence sur un cours d’eau ou durant l’été je ne prenais que quelques brochetons de façons éparses lors de mes sessions. Le niveau d’eau était bas sur sa majeure partie mais j’étais  persuadé qu’il abritait quelques jolis poissons. Je l’avais donc laissé de côté et attendait le moment propice afin de l’exploiter et en avoir le cœur net. Cela fait plusieurs jours à présent que la pluie tombe, le ciel est bien gris et on sent nettement que l’air se fait plus frais. Il est temps de retourner voir ce que ça peut donner. A  mon arrivée je constate que le niveau a gagné quelques centimètres. Une bonne brise balaie la surface, le ciel est couvert, l’eau cristalline les conditions sont idéales. Je démarre donc gentiment ma pêche en peignant vers l’aval. Au bout de quelques minutes c’est un premier brocheton qui vient se jeter sur mon leurre mais rien d’exceptionnel si ce n’est qu’un signe que le poisson est actif. Je continue donc et arrive à proximité d’un virage. J’aperçois des herbiers sur la berge opposée, un très bon poste d’affut. Je lance juste derrière celui-ci et démarre l’animation par des twitchs saccadés de façon très vive, afin de jouer sur les reflets et exciter au maximum le brochet potentiel qui pourrait s’y trouver. Je marque régulièrement des pauses de 2 à 3sc le long de l’herbier, j’ai les yeux rivés sur mon baby, quand soudain il déboule comme un éclair. Ce n’est pas un monstre mais je vois aussitôt qu’il est plus gros que la moyenne que je rencontrais pour l’instant. Il me fait un joli combat qui est rapidement maitrisé et le voilà au sec.



Il fait une soixantaine de centimètres et confirme qu’il y a du potentiel qui se cachait ici. Durant 3 jours sur ce parcours j’y ferais régulièrement des poissons du même calibre. Maintenant le challenge est de trouver plus gros et voir tout ce que ce cours d’eau peut offrir…..
La semaine suivante je décide de pêcher un autre tronçon de cette même rivière, un secteur ou jusque-là sur 3 essais je n’y avait vus qu’un seul petit brochet. Le temps est mitigé aujourd’hui, alternance de soleil est de gris avec un vent modéré. Le parcours donne envie. Une eau claire comme de l’eau de roche, des herbiers, des alevins, il y a tout pour plaire à des brochets. Il y a quelques nénuphars à l’endroit où je débute ça mérite quelques lancers. Un premier passage…rien..un deuxième et un premier poisson sort de son trou. Il fait tout juste 50cm, ce n’est pas énorme mais ça suffit pour se motiver à éplucher méthodiquement.



Je prospecte donc méticuleusement la rivière, poste après poste, herbier après herbier. J’adopte une animation assez vive mais sur de très courte tirées afin de pêcher lentement tout en donnant au leurre une nage plutôt agressive. Les pauses sont marquées sur les points clés ou je suppose que peu s’y tenir un carnassier. Je bats beaucoup de terrain tout en évoluant lentement le long de la berge ce qui me rapporte en quelques minutes deux autres poissons et une ou deux attaques manquées. Cela fait maintenant environ 30mn que je pêche et même si je n’ai pas encore vue de très gros poissons je suis plutôt content si je compare au quelques sorties faites sur ce tronçon cet été. Comme quoi il ne faut jamais rester sur des échecs, c’est juste que ce ne fût peut-être pas le bon moment lorsque vous étiez venus.  Je suis mon petit bonhomme de chemin et aborde  maintenant un virage. Je peux distinguer clairement le fond, le fond en tête de virage part en pente douce pour s’enfoncer dans le coude ou il doit y avoir à vue de nez autour d’1m20. S’il y a dans le coin un beau brochet c’est ici qu’il sera posté ! Je me trouve à 6-7m de l’entrée. Je lance au pied de la berge extérieur et procède avec la même animation, agressive mais une récupération lente et toujours des pauses régulières entre les séries de twitchs. J’arrive à hauteur de la tête de virage, là où la pente s’enfonce légèrement. Le poste d’affut parfait, lieu de passage du poisson fourrage. Esox n’as qu’à se tenir sur le fond dissimuler dans les herbiers et venir se servir. Je joue avec les reflets du baby afin de bien l’exciter et c’est bingo il surgit ! Avec cette eau claire c’est un régal, je vois parfaitement sa gueule s’emparer du leurre. Il est bien gras, je le sens à son poids dans la ligne. Le ferrage est immédiat et s’ensuit un démarrage tout en puissance. Le frein se met à chanter et il commence à me dérouler du fil en s’aidant du courant. Je le bride mais pas trop n’étant pas monté très fort. Il se calme un peu et revient vers moi, je récupéré le mou dans la bannière, il passe devant moi et pars cette fois ci vers l’amont. Je le bride toujours comme je peux, il monte en surface et secoue la tête dans une gerbe d’eau pour essayer de se débarrasser des triples. Mais il est bien piqué et n’y parviendras pas… Il redescend vers l’aval mais il commence à perdre de sa vigueur. Le combat vas durer encore quelques minutes, avec un ou deux jolis rush puis le voilà fatiguer. Je remarque qu’il à réussis à ôter un des triples, je ne tarde pas à l’échouer et le saisir. C’est un joli poisson bien gras de 75cm à la belle dentition, les traces sur le buster en témoignent.




Je suis à peine à 800m de la voiture, cela fait 45mn environ que je pêche je décide d’arrêter de remonter la rivière ici pour aujourd’hui et refaire le parcours en sens inverse, sait-on jamais. Je suis persuadé qu’il n’est pas seul et effectivement sur un poste pourtant fait à l’aller je fais monter un autre poisson du même gabarit. Je travaille mon leurre juste sous la surface, il décolle du fond et me le prends du bord de sa mâchoire. Je peux le sentir une fraction de secondes dans la ligne puis il replonge en faisant un gros remous. Je le retente, étant à peine piqué il peut revenir. Il me faudra 7 lancers, avec une animation lente et à mi-hauteur d’eau, avant de me faire stopper net. Sur le coup je pense à quelque chose que j’aurais accroché mais rapidement je ressens des coups de têtes lents, lourds et assez puissants. Je le tiens une dizaine de secondes puis il se décroche, au jugé je l’estime à 80cm. Ce sera la dernière touche, je choisis de laisser le spot se reposer et de revenir plutôt demain.
Le lendemain je remets ça, je démarre là où je m’étais  arrêté la veille. Je reste sur la même stratégie, même leurre, même méthode de prospection et même animation. Le soleil est de la partie, il n’y as pas de vent, le résultat risque d’être différent. En effet après 25mn de pêche toujours pas la moindre touche puis j’aborde une zone avec des herbiers sur les bordures et un fond dégagé sur le milieu du lit. Ça me plait bien et au bout de 5mn je sors un petit brochet. Il porte une belle trace d’attaque sur le dos, y aurais-t-il un plus gros qui traine par la ? J’aperçois un petit banc de poissons blancs un peu plus haut avec une cuvette légèrement plus profonde. Ça sent bon….. Premier passage sur le poste et c’est pendus !
Il est aussi beau que celui de la veille et me fais un tout aussi jolis combat. Un jeune chasseur arrive et reste à l’écart pour regarder. Je reste concentré, le brochet se défend bien et me fais une superbe chandelle ou il se dressera sur sa queue hors de l’eau.  Au bout de quelques minutes je parviens à l’échouer et le mets au sec. Il est plus fin que celui d’hier mais apparemment plus long. Je le mesure et je gagne 2cm, 77. Je profite de la présence de ce chasseur pour faire une série de photos et discute un moment avec lui. 


Je continue ensuite de pêcher, je ferais encore quelques poissons mais de taille plus petites.
La semaine suivante je retourne sur cette rivière. Cette fois ci sur un secteur que je connais mieux pour y avoir fait  pas mal de brochets sur certaines sorties dessus durant l’été, mais de taille modeste au max 70cm. Puisque les jolis ont l’air de commencer à se montrer c’est le moment d’aller voir ce que je peux y dénicher. Il a plu la veille et l’eau est opaque. La température à encore chutée je mets donc cette fois une plus grosse bouchée, un buster jerk. Quand les brochets sont partis à faire du gras une proie volumineuse ne les laisses pas indifférents. Au vus de la teinte de l’eau j’opte pour le coloris blanc imitation poisson fourrage. Dès le premier lancer c’est un premier brochet qui se jette dessus, il doit faire une cinquantaine de centimètres et se décroche aussitôt. La zone est peu profonde, trop peu pour y abriter un poisson de bonne taille, je l’épluche donc rapidement. Un peu plus loin il y a une longue bande de nénuphars dans le milieu. Entre la berge opposée et elle il y a un creux plus profond, entre 1m et 1M50, de 7-8m de long sur 2 de large. C’est le spot qui peut accueillir un beau poisson. Je la divise en 3 afin de bien la prospecter comme il faut. Elle n’est pas évidente à faire ayant les nénuphars aux milieux. Je lance au pied de la berge et entame une animation avec des tirées de faibles amplitudes et de longues pauses afin de rester le plus longtemps possible dans la zone. Je fais 3 lancers par portion, en général si l’attaque doit intervenir c’est bien souvent sur les 3 premiers passages. Première partie rien…. Deuxième même chose rien… Pourtant je le sens bien… C’est sur la dernière partie que tout vas se jouer et dès le premier passage, alors que je distingue nettement mon buster, sur un twitch une belle gueule viens le taper. Ferrage reflexe, c’est piqué ! Il est jolis, me fais un démarrage et pars sur ma droite s’éloignant ainsi des nénuphars. Avec ma XH et mon moulin monté en strike wire prédator je le bride sans aucune difficulté. Il aura beau secouer la tête dans tous les sens rien n’y feras je le sèche en quelques minutes et l’extirpe de son domaine. Il fait 82cm.

 
J’ai donc pu voir au cours de ses quelques sorties ce que ce cours d’eau avait dans le ventre. Et je suis sûr qu’il s’y cache encore plus gros. Le tout était d’attendre le bon moment et l’automne est sans aucun doute la meilleure période pour dénicher les beaux poissons qui peuvent se trouver sur vos parcours. De la fin septembre, suivant les températures, jusqu’à fin novembre il y a de superbes pêches à faire. Le printemps l’est également de mai à mi-juin, période où ils sortent de la fraie et se refont une santé. L’hiver aussi est bon mais l’automne reste à mon gout supérieur, les eaux ne sont pas encore trop froide et les carnassiers sont très actifs. Plus tard lorsque les premières gelées arriverons le poisson fourrage se feras plus rare et gagneras les profondeurs. La prospection deviendra plus lente et beaucoup moins ludique. A cette saison n’hésitez pas à proposer gros, un buster jerk 15cm est parfait. Les brochets cherchent à se faire des réserves de graisses et seront beaucoup plus réceptif à une proie imposante et agonisante. N’oubliez pas aussi qu’il est d’un naturel paresseux et ne se déplace pas pour rien, plus il fera froid plus il évitera de dépenser de l’énergie inutilement.


 Sur ce je vous dis a bientôt.
David PETIT