27/12/2010

Les Truites du bout du Monde

Passionné de pêche et de nature depuis mon plus jeune âge, j’ai eu la chance de me rendre dans les îles de la Désolation (qui ne le sont pas pour tout le monde !) : Les KERGUELEN.

J’ai travaillé sur ce territoire composé de la Grande Terre et de plus de 300 îlots, en tant qu’agent de la réserve naturelle des terres australes françaises. Mon travail, essentiellement de terrain, consistait à réguler des mammifères introduits et à réaliser des inventaires faunistiques et floristiques sur l’ensemble de cet archipel.



Lors de mes différentes missions, nous avons parcouru de nombreux kilomètres et traversé de magnifiques rivières peuplées de salmonidés… En effet, dans les années 1950, une station d’élevage de poisson a été créée : ARMOR. Cette pisciculture introduira des ombles de fontaine, ombles gris, saumons (atlantique, coho, chinook), truites arc-en-ciel et des truites communes pendant une vingtaine d’année. Avec l’augmentation des piscicultures de saumon dans les pays nordiques, la ferme piscicole doit stopper ses activités dans les années 1980, par manque de rentabilité.


Pour le plus grand bonheur des pécheurs à la ligne, les truites et les ombles ont survécu, en revanche les autres introductions se sont soldées par un échec.

A mon sens, l’atout principal de ce territoire est la continuité écologique des rivières ; en effet, de la source à l’estuaire aucun obstacle anthropique ne s’oppose à la remontée des salmonidés pour rejoindre les zones de frayère. La qualité d’eau et le climat (4°C en moyenne sur l’année) sont également des facteurs importants pour assurer la pérennité des populations salmonicoles dont voici les principales espèces :

Les truites de mer ont un développement plus rapide grâce à une nourriture plus riche en mer. Elles remontent dans les estuaires et les rivières de mars à septembre, principalement pour se reproduire. Ce sont de beaux poissons pouvant atteindre plus du mètre et dépasser la dizaine de kilogrammes.

En revanche, si certaines truites ne sont pas redescendues en mer à l’âge de 4-5 ans, alors elles resteront en rivière ou en lac et ne dépasseront pas les 45cm.

Les ombles de fontaines se rencontrent sur des petits tributaires, souvent plus en amont que les truites. En rivière, il est rare qu’ils dépassent 20cm, en lac par contre, ils peuvent dépasser les 40cm.


Les techniques de pêche sont simples (cuillères ondulantes ou tournantes et poissons nageurs).

Pour ma part, je me suis vraiment fait plaisir au poisson nageur (D-contact, Panish, Wavy). La qualité des hameçons SMITH m’a permis de réaliser de très beaux poissons (plus de 60cm) malgré la petite taille des PN que j’avais amenés (environ 5cm). J’avais pris mes waders (prestige de chez SNOWBEE), un véritable bonheur, que l’on soit en mer ou en rivière elles ne m’ont jamais fait défaut et heureusement vu les conditions climatiques…

Les sites de pêche étaient situés au maximum à 2 journées à pied de la base. Les meilleurs spots de pêche étant les estuaires, les chutes d’eau, les berges sous-cavées et les fosses. Le substrat était essentiellement composé de blocs rocheux ou de graviers de différentes tailles, ceux-ci limitant l’accrochage.

A noter qu’aucune réglementation (taille, technique, période…) sur la pêche de loisirs des salmonidés n’est appliquée sur ces territoires.

La pêche sur l’archipel est une activité intéressante pour le plaisir qu’elle procure du fait de la densité et de la taille des prises et de plus, dans un cadre sauvage et préservé.

Loin de tout, proche de l’essentiel

Aubin LE BIHAN